• J'en pince pour lui


        Assis derrière son bureau il jouait négligemment avec une paire de pince pendant que nous devisions à battons rompus apprenant ainsi au fil des jours à nous découvrir d'avantage, Je jetais des regards discrets sur ces objets que je n'aimais pas, que je n'aime toujours pas d'ailleurs, il les faisais tourner sur ses doigts, s'amusait à les ouvrir et à glisser son index entre les mâchoires tout en parlant comme si de rien n'était, J'essayais de pas laisser paraître l'inquiétude qui s'emparait imperceptiblement de mon esprit, craignant que l'envie lui prenne de me les faire porter, La première expérience avec ces ustensiles ayant été particulièrement douloureuse , le souvenir que j'en avais me faisait encore frisonner,

    Je portais mon collier depuis environ 3 mois, je savais que j'étais encore en quelque sorte en période de test, étais-je réellement soumise, étais-je capable de tout accepter du Maître que j'avais choisi, ma motivation était elle suffisante pour obéir aux moindres de ses désirs,,,Je savais qu'il n'avait pas encore répondu à toutes ces questions avec une certitude absolue et qu'il tenterait de s assurer de ces interrogations en me mettant à l'épreuve jusqu'à ce que plus aucun doute ne traverse son esprit, Mentalement j'espérais que l'idée de jouer avec les pinces ne lui vienne en tête, du coin de l'œil je regardais l'heure, je retins un soupir de soulagement en voyant qu'il était bientôt l'heure de mon rendez vous et je m'apprêtais à prendre congé de mon Maître quand il m'ordonna de venir me placer devant lui en position d'attente,,,

    L'espace d'un instant j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter,,, Je cherchais dans ses yeux à savoir ce qui lui avait traversé l'esprit, bien évidement rien ne laissait deviner ses intentions, Je m'approchais et pris la position demandé mes craintes me poussant maladroitement à lui rappeler qu'il était bientôt l'heure que je parte,

    Assis sur le bord du fauteuil , il soulève ma jupe, la replie sur ma taille et son regard planté dans le mien fait glisser mon string le long de mes cuisses jusqu'aux chevilles, il ne le lâche pas, son regard toujours soutenu, je lève un pied puis l'autre me libérant ainsi de toute entrave faisant obstacle à l'accès de mon intimité, Il joue de mon appréhension, de mes craintes,,,Il sait, nous en avons parlé après la première expérience qu'elles sont devenues mes ennemis,,,

    Il place la première pince sur une des lèvres, je retiens un gémissement , je ne bouge pas, il bascule sur le dossier du fauteuil ne lâchant pas mon regard, je sais qu'il va placer la deuxième, que la douleur va se répéter et s'amplifier, le temps que mon corps, mon esprit se conditionne et la deuxième pince est en place,,, Je n'aime décidément pas ces sensations et ces instruments de torture, j'ai espoir que cela ne dure pas trop vu l'heure, mais je sais aussi que le retrait est encore plus douloureux que la mise en place,

    J'aimerais, dit il, que vous les portiez le temps de votre rendez vous, Je vous les retirerais à votre retour, bien entendu si vous deviez ne pas pouvoir allez au bout de cette épreuve vous avez toujours la possibilité de les enlever, dans ce cas je compte sur vous pour m'en avertir par téléphone,,,A tout à l'heure,,,

    Instinctivement mes yeux se sont fermés, faisant mentalement le parcours du temps qui me séparait de ma « libération », cela voulait dire au minimum dans une heure et quart,,,au mieux,,,

    Il m'a été difficile de ne pas me laisser envahir par un sentiment de colère, pourquoi souhaitait il m'infliger à nouveau cette épreuve alors que le cap de la première fois était encore très présent dans ma mémoire, ses doutes étaient ils encore si présents depuis presque trois mois, ni avait il pas eu de changement dans son ressenti, dans sa confiance de ma motivation, de mon besoin d'appartenance,,,

    Je pris mon sac , et descendis les quinze marches me séparant du rez de chaussée,,,Quinze marche qui chacune me rappelaient qu'un corps étranger entravait ma descente, Il me fallait aller jusqu'à ma voiture , conduire pour me rendre à mon lieu de rendez vous,,, On pourrait penser que puisque j'étais en position assise cela était plus facile à supporter, il n'en était rien et passer les vitesses devenait intolérable, dotant plus que la circulation était dense à cette heure et les changements de rapport fréquents,

    Arrivée à destination , il me fallut encore sortir de la voiture, marcher , monter des marches pour atteindre la porte de l'immeuble. J'essayais d'avoir une démarche aussi naturelle que me le permettais mes entraves qui à chacun de mes pas s'entrechoquaient dans un cliquetis loin d'être ordinaire, pouvant ainsi interpeller les personnes croisées, leur regard interrogateur ne rencontrant qu'un sourire calqué sur mes lèvres en guise de réponse.

    Mon rendez vous fut de courte durée et je repris le chemin du retour, la morsure des mâchoires d'acier était de plus en plus difficile à gérer, Le trajet me ramenant vers mon Maître me parut durer une éternité, il n'était pourtant pas plus long que celui de l'aller, des centaines de questions traversaient mon esprit et des centaines de fois l'idée de renoncer me vint, la main crispée sur le téléphone , appellerais, appellerais pas, c'est insupportable, je l'appèle, pourquoi cela, quel intérêt, toujours et encore les mêmes questions qui sans cesse se heurtaient dans ma tête, Je m'accrochais désespérément à l'esprit de ce Maître que j'avais choisi pour guide, à ce lien nait presque instantanément entre lui et moi,

    Mainte fois je me suis depuis accrochée à ce lien puissant pour franchir une étape, mais jamais sa force n'a était aussi prépondérante et vitale pour moi, pour cette volonté inaltérable à vouloir satisfaire les désirs de mon Maître. Les yeux embués de larmes engendrées par la douleur allaient tantôt sur la route tantôt sur ma main crispée sur le téléphone mais, ma détermination à le satisfaire ne faillit pas et c'est avec soulagement que j'entrepris de gravir les quinze marches me séparant de mon « libérateur », cela faisait plus d'une heure que la première pince avait été accroché,,,

    J'avançais lentement jusqu'au bureau de mon Maître, il savait déjà que je n'avais pas failli, il le lu sur mon visage crispé. J'ai la prétention de croire qu'il en était fier, il me le dit plus tard d'ailleurs, il ne pensait pas que j'aille au bout de l'épreuve, Il fait le tour du bureau et se place en face de moi, ses yeux plantés dans les miens me dit « cela va être le moment le plus douloureux,,,,et il retire la première pince m'arrachant ainsi un hurlement de bête suivi immédiatement par un deuxième alors qu'il retirait l'autre mâchoire diabolique, La douleur à nulle autre pareille me projette à genoux et des pleurs que je ne peux plus qualifier ni de soulagement ni de souffrance inondent mon visage, Les sanglots finissent par se calmer, Maître me fait assoir pour récupérer et me sert un verre d'eau, nous parlons quelques minutes des difficultés rencontré pour réussir l'épreuve, il aime en parler le lendemain lorsque la tension est retombé et que les idées ont pris le temps de faire le chemin dans l'esprit, Il donne le signal de départ, me ramenant à ma voiture et me souhaitant une bonne soirée, sans oublié de me préciser d'être bien sage,,,

    Le retour chez moi fut triste, je venais de vivre une chose difficile et me retrouver seule ne fut pas aisé, la douleur toujours présente comme si mes entraves étaient toujours là me rappelait ce que je venais de vivre, j'aurais aimé pouvoir en parler là, sur l'instant, les sensations avaient été fortes et le besoin d'évacuer s'imposer vraiment. Je lui en ai voulu longtemps de cet « abandon », d'avoir du affronter ce passage seule, je ne me sentais pas « récompensée » de ma volonté. Je ne sais toujours pas vraiment le pourquoi de cette étape, je ne sais toujours pas si cette étape lui a apporté les réponses qu'il attendait , ou une partie, mais une chose est sûre , j'en ressens une immense fierté et m'a confirmé que ma volonté d'être soumise n'était pas une simple envie de passage, mais un réel besoin pour l'équilibre et la sérénité de ma vie de femme soumise. Les larmes ont été mes compagnes une bonne partie de la nuit, elles eurent cependant raison de ma résistance et je fini par m'endormir. Le réveil fut laborieux, je me préparais de mon mieux , comme une automate. La courte nuit n'avait apporté aucune réponse à toutes les questions que je me posais,,,Il me les donnerait, c'est avec cet espoir que je m'apprêtais à rejoindre mon Maître.

     


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